Partager l'article ! Réactions autour de la reprise de la clinique (Sud-Ouest.com du 27/11/08): L'arrivée de Kapa Santé ...

L'arrivée de Kapa Santé provoque soulagement et inquiétude
Hier matin, les personnels de la polyclinique Arc-en-Ciel Olçomendy ont repris le travail avec le sourire. La liquidation judiciaire de l'établissement a été évitée. Le tribunal de commerce de Pau a en effet accepté, mardi, l'offre de reprise portée par le groupe Kapa Santé.
« Nous venons de passer des moments difficiles », commente Conchita Salamanque, porte-parole des salariés. « On a évité le pire. Mais tout n'est pas fini. Il y a quand même 10 licenciements ».
La mise en oeuvre du plan social n'est pas encore connue dans le détail. Elle pourrait intervenir d'ici à un mois.
Public-privé
Sur le fond de l'affaire, rien n'est encore réglé. Depuis des années, la puissance publique défend l'idée d'un seul pôle de santé où public et privé seraient en mesure de travailler ensemble, sur un plateau technique unique ou articulé avec intelligence. On en est encore loin.
En 2005, les gestionnaires de la clinique avaient préféré claquer la porte des discussions. Leur réponse à l'enjeu avait consisté à parier sur l'arbitrage d'une concurrence avec l'hôpital. Ils avaient ainsi préféré investir 6 millions d'euros dans un bloc opératoire neuf et une rénovation de locaux dans le but d'aspirer le plus de patients possible. La main invisible du marché leur a donné tort. « On a parié. On a perdu », reconnaissait, sans langue de bois, un des cadres dirigeants au moment du dépôt de bilan.
Complémentarité
Aujourd'hui, Kapa veut relancer le débat de la « complémentarité » avec un hôpital plus fort que jamais. Celui-ci s'est refait une santé en profitant d'une sorte d'effet d'aubaine lié aux difficultés de son voisin.
« Il faut regagner la confiance des patients et des médecins généralistes », observe Conchita Salamanque. « Compte tenu de la réforme hospitalière qui se prépare, public et privé ne peuvent plus s'ignorer. Maintenant, soit on travaille ensemble, soit on coule ensemble. »
Au nom du collectif de défense, Robert Bareille note deux points positifs : la sauvegarde de la plupart des emplois et le sauvetage de la maternité. Mais, pour lui, l'avenir passe plutôt « par des activités supplémentaires que complémentaires ».
Du côté de l'autorité de tutelle, l'Agence régionale de l'hospitalisation, on reconnaît du bout des lèvres que le plan de reprise de Kapa apparaît, à ce jour, « assez flou ».
Dans ce contexte, le maire d'Oloron, Bernard Uthurry, affiche une grande prudence : « Je partage le soulagement des personnels de la clinique. Mais tous les acteurs de ce dossier savent que l'offre de soins du bassin oloronais ne garantit pas l'activité de deux établissements ».
|
| Presse |